* 1,2% de la population mondiale détient 47,8% de la richesse mondiale
* 53,2% les plus pauvres en ont tout juste 1.1%
Pour étayer mes propos je vous joins deux dépêches ci-dessous.Pourquoi les voitures d'occasion européennes ne sont pas un cadeau pour l'Afrique
L'Afrique est la première destination mondiale pour les véhicules d'occasion. Plus d'un quart des voitures d'occasion exportées entre 2015 et 2020, soit 5,6 millions de véhicules, ont fini sur le continent, selon les Nations unies. Ces véhicules proviennent principalement d'Europe et du Japon. Mais il s'agit souvent de modèles très anciens et particulièrement polluants.
Sa voiture dépasse les 170 000 kilomètres au compteur et ne passerait pas un contrôle technique en Europe, mais pour Adam Adébiyi, elle est « comme neuve ». Ce Béninois, informaticien de profession, n'a de toutes les façons pas les moyens de s'offrir un véhicule neuf sorti d'usine. Alors pour lui, comme pour des millions d'Africains sur le continent, le marché d'occasion est l'unique option. L'Afrique est la principale destination des véhicules d'occasion, avec un quart des véhicules exportés dans le monde entre 2015 et 2020, soit 5,6 millions de véhicules, selon l'ONU. Ces véhicules proviennent principalement d'Europe et du Japon, de plus en plus de Corée du Sud ou des États-Unis, souvent très vieux et polluants.Des parcs automobiles remplis de véhicules d'occasion
La voiture d'Adam Adébiyi, une petite Matrix Toyota, a été mise en circulation en 2004 au Canada, avant de prendre quinze ans plus tard la route par la mer jusqu'au Bénin, où elle a été achetée en 2019 par un premier propriétaire, qui la lui a ensuite revendue. Non loin du port de Cotonou, capitale économique du Bénin, les parcs automobiles de véhicules de seconde main s'étendent sur des kilomètres. Car le Bénin est un des cinq plus gros importateurs en Afrique de véhicules d'occasion, selon un rapport de l'ONU publié fin 2021. Le pays ouest-africain ne compte pourtant que 11 millions d'habitants, mais il est la porte d'entrée des marchés burkinabé, nigérien, tchadien, et surtout du Nigeria, pays voisin le plus peuplé d'Afrique. Sur un de ces parkings géants, proche de la frontière avec le Nigeria, Zakari Cissé, sourire aux lèvres et main sur le volant, vient tout juste d'acquérir une voiture mise en circulation en Belgique en 2002. Ce père de famille aurait voulu s'en payer une neuve chez un concessionnaire. Mais faute de disposer d'assez de ressources, il s'est rabattu sur ce véhicule d'occasion vieux de 20 ans. Le prix de ces voitures de seconde main démarre autour de 1,5 million francs CFA (2 300 €). Il le trouve « propre et bien entretenu ». Même le « moteur répond très bien et cela se remarque au bruit », affirme-t-il. « Nous n'importons pas des déchets », affirme Ossama Allouch importateur de véhicules d'occasion à Cotonou, en précisant que les véhicules sous soumis à un minimum de contrôle avant achat. Les « voitures de seconde main, il y en existe partout... Ce ne sont pas que des véhicules interdits d'utilisation », renchérit-il.Pot catalytique scié
Mais selon un rapport du Programme des Nations unies pour l'Environnement publié en 2021, la plupart de ces véhiculés exportés dans les pays en développement sont très vieux, polluants, énergivores, dangereux et mettent en danger les objectifs de lutte contre le réchauffement climatique dans le monde. Lors d'une inspection des autorités néerlandaises fin 2019 dans le port d'Amsterdam, d'où partent chaque semaine des bateaux transportant ces voitures vers l'Afrique, l'âge moyen des véhicules en attente était de 18 ans et leur compteur dépassait les 200 000 km en moyenne. La quasi-totalité (93%) étaient aux normes Euro 3 ou inférieures, c'est-à-dire commercialisés avant le début des années 2000. Une partie des véhicules étaient hors d'usage, certains avaient leur pot catalytique scié. Mais Amen Djidjoho, chef d'un des parcs de vente au Bénin, assure lui que « tous les véhicules importés viennent avec catalyseur parce qu'en Europe et en Amérique, il est formellement interdit de les enlever ». Les pots catalytiques permettent de limiter significativement l'émission de gaz polluants, comme l'oxyde d'azote. Ils sont composés de métaux précieux comme l'or, l'argent, le rhodium et le platine, et leur valeur peut dépasser les 100 €. Ils font ainsi l'objet de trafic en Europe comme en Afrique. Pour éviter leur vol, des agents sont commis au contrôle la nuit à l'occasion des transferts sur les parcs de vente béninois, assure Amen Djidjoho.Pollution inquiétante
La pollution générée par ces voitures est une grande source d'inquiétude pour les défenseurs de l'environnement. Ces vieilles voitures, ainsi que la mauvaise qualité des carburants utilisés en Afrique de l'Ouest, est « une des principales causes de l'augmentation des niveaux de pollution atmosphérique dans les villes de la région », selon le programme pour l'environnement des Nations Unies. « Les enfants, qui se rendent à pied dans les écoles et qui empruntent des routes très fréquentées, et les vendeurs informels le long de ces routes » sont les plus exposés aux effets de ces fumées toxiques sur la santé, déplore l'ONU. Mais réguler cet important secteur de l'économie béninoise, en outre grand pourvoyeur d'emplois, n'est pas facile. Les quinze pays de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ont bien adopté en 2020 une directive visant à introduire des carburants et des véhicules plus propres sur le marché, dont la mise en oeuvre devait débuter en janvier 2021. Les véhicules d'occasion importés doivent notamment répondre a minima aux normes Euro 4, c'est-à-dire avoir été mis en circulation après 2006. Mais on constate qu'au Bénin, les véhicules vendus sur les parcs automobiles sont bien plus âgés. Contacté à plusieurs reprises, le ministère des Transports n'a pas répondu aux questions de l'AFP au sujet de la législation en vigueur dans le pays."A bas la France", "Vive Poutine et la Russie" : ces slogans qui se multiplient dans les pays du Sahel
AFP, mardi 20/09/2022 17:21
Après le Mali et le Burkina Faso, des manifestations ont eu lieu au Niger pour dénoncer la présence militaire française. Plusieurs centaines de personnes ont manifesté pacifiquement le 18 septembre 2022 dans les rues de la capitale nigérienne Niamey et dans une autre ville du pays pour protester notamment contre la force française Barkhane qui combat les jihadistes dans le Sahel. C'est la première mobilisation du genre dans le pays qui abrite plusieurs bases militaires françaises.Qui est derrière la mobilisation au Niger ?
Les deux manifestations à Niamey et dans la ville de Dosso (sud-ouest) ont été organisées à l'appel d'un mouvement nommé "M62" regroupant plusieurs organisations de la société civile. Il a été lancé en août dernier sous le thème de la "sauvegarde de souveraineté et la dignité du peuple". Au programme : des revendications sociales mais aussi une opposition à la présence française au Niger. Dans un discours prononcé lors du rassemblement, le dirigeant du mouvement, Abdoulaye Seydou, a appelé au départ de la force Barkhane l'accusant de déstabiliser le Sahel. Il s'aligne clairement sur la position de la junte au pouvoir au Mali.L'indifférence des autorités face aux actes terroristes de Barkhane au Mali et l'accueil dans des conditions illégales, en violation flagrante de la loi fondamentale de cette force maléfique sur notre territoire Niger (...), prouvent à suffisance la complicité de nos autorités et leur soumission aux diktats de la France. Abdoulaye Seydou, coordonnateur du mouvement "M62"
Un air de déjà-vu
Les rassemblements au Niger ont été ponctués de slogans anti-français et pro-russes : "Barkhane dehors", "A bas la (France)", "Vive Poutine et la Russie"... Ces cris qui ont résonné dans la rue au Niger ont déjà été entendus dans d'autres pays du Sahel. Au Mali d'abord, avec les premières manifestations anti-françaises dès 2013. Bien plus tard, d'autres ont suivi. Elles étaient pour la plupart orchestrées par des mouvements pro-russes comme Yerewolo dirigé par Adama Diarra, rapporte la BBC. Il y a eu également des tentatives de mobilisation en août dernier au Burkina Faso à l'appel d'un mouvement dénommé M30 Naaba Wobgo, conduit par Yéli Monique Kam (lien payant) et qui accusait la France d'être le "parrain du terrorisme" dans la zone sahélienne. Le pays avait néanmoins déjà connu des manifestations de ce genre.Instrumentalisation
Le sentiment anti-français qui se répand au Sahel n'est pas du fait de la Russie, mais il est exploité et instrumentalisé par Moscou qui multiplie les manœuvres depuis des années pour accroître son influence en Afrique. Le contexte lui est favorable : au Niger comme au Burkina Faso et au Mali, les populations sont excédées par les violences qui secouent leur pays et ne comprennent pas pourquoi la France, avec sa puissance militaire, n'est pas capable d'enrayer le terrorisme. Depuis le retrait total du Mali, quelque 3 000 militaires français sont toujours déployés dans le Sahel, notamment au Niger qui abrite depuis des années de nombreuses bases militaires étrangères, américaine notamment, qui ont pour mission de combattre les djihadistes au Sahel.
