Par ailleurs, il faut noter que l'accord de ce vendredi 5 aout, intervenait quelques jours après la recrudescence des actes terroristes menés par une succursale d'Al Qaida, au service d'un agenda néocolonial et l'ultimatum de 72 heures accordé le lundi 1er aout par le gouvernement malien à toutes les « forces étrangères » présentes sur la base de la société Sahel Aviation Services (SAS) de l’aéroport de Bamako, pour quitter le Mali. Un ultimatum qui intervient quelques semaines après l’arrestation de 49 soldats ivoiriens liés à cette base.
La base de SAS à l’aéroport de Bamako sert de « base logistique » pour plusieurs partenaires internationaux du Mali, parmi lesquels des soldats ivoiriens mais aussi des soldats allemands, autrichiens, belges, suédois ou encore pakistanais déployés au sein de missions internationales, notamment l’ONU, a dit mi-juillet l’état-major ivoirien.
L’arrestation le 10 juillet au Mali de 49 d’entre eux à l’aéroport de Bamako déployés, selon Abidjan, dans le cadre d’une procédure de l’ONU en soutien de leurs contingents, tandis que le Mali les a qualifiés de « mercenaires », a déclenché une crise diplomatique entre Bamako, Abidjan et l’ONU.
Le porte-parole de la mission de l’ONU au Mali a été expulsé après avoir été accusé par Bamako d’avoir publié des « fausses informations » sur cette affaire le 11 juillet. Car en effet, au début l’ONU avait nié avoir des liens avec ces 49 mercenaires, et soudain, cette instance a changé de version.
Les déclarations de Macron indignées
Les maliens sont convaincus que les propos tenus par le président français Emmanuel Macron concernant le Mali lors de sa mini tournée en Afrique de l’Ouest étaient clair, Paris continue d’œuvrer pour trouver un moyen de déstabiliser le Mali.
Le porte-parole du gouvernement malien avait également déclaré que la France qui a toujours œuvré à la division et à la partition de son pays est mal placée pour donner des leçons au Mali. Le Gouvernement de la Transition exige du Président Macron d’abandonner définitivement sa posture néocoloniale, paternaliste et condescendante pour comprendre que nul ne peut aimer le Mali mieux que les Maliens eux-mêmes.
Force est de reconnaître que ces dernières années le tissu social malien a été dégradé, à cause des conflits communautaires qui sont instrumentalisés par des groupes terroristes et leurs sponsors étatiques étrangers. Le Gouvernement de la Transition rappelle que le renforcement de la cohésion sociale demeure l’un de ses objectifs prioritaires non négociables et ne ménagera aucun effort pour réussir cette mission. Les FaMa rappellent sur ce registre, qu'elles demeurent multiethniques, professionnelles, républicaines et résolument engagées, et un rempart solide pour la défense de la patrie, la préservation et la protection de l’ensemble des maliens dans leur diversité ethnique et religieuse.
Création d'une armée anti-panafricaniste
«Je peux vous dire aussi qu’il est déjà sur la table de la CEDEAO la création d’une force anti-putsch….Nous sommes au 21ème siècle. Le coup d’Etat est inadmissible et inacceptable …. Non !… avait lancé le président de la Guinée-Bissau, Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etats et de gouvernements de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Umaro Sissoco Embalo, lors de la conférence de presse tenue conjointement avec le président français Emmanuel Macron le 28 juillet dernier. Umaro Sissoco Embalo n’a pas donné plus de détails sur cette force anti-putsch qui sera le bras armé de l’organisation sous-régionale pour empêcher la conquête du pouvoir par la force. Une force qui combattra selon toute vraisemblance les coups de force militaires qui n’arrangent pas toujours les pays occidentaux, ce qui veut dire que les puissances néocoloniales éviteront l'hostilité des Peuples Africains. L’initiative serait donc lancée par la France et les Etats-Unis afin qu’elle puisse garantir que les pays d’Afrique de l’ouest ne suivent pas la voie du souverainisme. Mais cela, de la poche des africains.
Donc encore une fois, ce serait encore aux pays d’Afrique de se retrouver à financer un projet alors qu’ils ont besoin de s’allier pour combattre ensemble le terrorisme, qui pour rappel, a été importé et financé par les Occidentaux sur le continent. Les armées africaines doivent s’unir pour éradiquer le terrorisme une bonne fois pour toute et non pour rassurer les Occidentaux ou encore pour servir leurs intérêts.
